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Note relative à la réalisation d’expérimentations sur ossements fauniques


Les recherches archéologiques entreprises en 2000 et 2001 sur l’îlot Tivoli, dans le cadre de travaux d’aménagement de l’Archéoforum, au centre de Liège, ont notamment permis d’appréhender un tronçon de chenal fossile comblé en plusieurs phases dont deux comportent d’importants témoignages préhistoriques. Le niveau supérieur, très humifère, comprend du matériel néolithique ancien auquel sont mélangés des artefacts mésolithiques ; l’unité inférieure est une colluvion qui contenait – outre quelques centaines de pièces lithiques – une riche documentation osseuse que quatre datations radiocarbone situent à l’extrême fin du Mésolithique (entre 6335 et 6285 BP).

Actuellement en cours, l’étude archéozoologique confiée à Anne Bridault et Eva David (Université de Paris X – Nanterre) a d’ores et déjà mis en évidence la qualité de cette documentation mésolithique qui peut être assimilée à un atelier d’exploitation des ressources animales durant le VIe millénaire. Les manipulations et utilisations de celles-ci se révèlent nombreuses, variées et bien documentées. L’exceptionnel état de conservation des structures et du matériel osseux mésolithique laisse entrevoir la possibilité de restituer un ensemble d’activités spécifiques : abattage des proies (principalement des cerfs et des sangliers), récupération des peaux, consommation de la chair et de la moelle, transformation de certains ossements, bois de cervidés ou défenses de sangliers en outils. De plus, les premiers résultats de l’étude montrent qu’il faut également tenir compte de la possibilité d’actions à caractère symbolique. À ce stade de la recherche, trois problématiques peuvent être dégagées :
    
-    la détermination de la fonction de plusieurs canines de sangliers  indiscutablement transformée en outil et qui offrent peu de points de comparaison dans le contexte du Mésolithique récent/final européen ;

-    le grand nombre d’astragales de cervidés présentant des traces d’usure dont l’origine (naturelle ou anthropique) demeure incertaine. Notons que des points de comparaison avec ce type de pièce existent mais en contexte néolithique ancien.

-    l’existence de plusieurs calottes crâniennes de cervidés dont les modalités de découpes ne paraissent pas liées à des considérations d’ordre alimentaire. Certaines pièces similaires trouvées sur le site mésolithique de Friesack IV en Allemagne sont interprétées comme trophées.

Dans ce contexte, le Service de l’Archéologie de Liège (SPW, DGO4, Direction de Liège 1) a jugé utile la mise sur pied d’un programme d’expérimentations ayant pour objectif une meilleure compréhension des modalités d’acquisition, de transformation et d’utilisation des matières dures animales. Ce programme est mené en collaboration avec les équipes du Préhistosite de Ramioul et l’Université de Paris X.

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